Le premier château de Montbrun a été bâti vers 1119 par Aymeric Brun. Ce lieu se nommait alors Trados et ne fut appelé Montbrun qu'un peu plus tard. La dernière héritière des seigneurs de Montbrun, dont les armes étaient d'azur à la croix d'or, le porta en mariage, le 20 octobre 1566, à Ponthus d'Estuer : et c'est leur petit-fils, Louis Estuer de Caussade, qui le vendit en 1598 à François de Lambertie.

Ce premier château, outre une vaste enceinte de murailles et de tours, formait un carré de quarante mètres de côté. Il avait à chacun de ses angles une tour aussi carrée. Celle qui existe encore aujourd'hui renfermée dans une tour ronde du XVe siècle mesure 105 pieds d'élévation ; elle a 6 mètres 20 de côté, et l'épaisseur de ses murailles est de 3 mètres 30. A l'extérieur deux contreforts plats l'appuient sur chaque face dans toute sa hauteur, et une fenêtre géminée l'éclairé du côté du Midi. Sa couronne de machicoulis et de créneaux était en grande partie tombée, mais il en restait encore assez pour permettre de juger avec quelle hardiesse et quelle solidité ils avaient été placés à une semblable hauteur. Ce magnifique donjon, vu à quelque distance, surtout lorsque son image est reproduite dans les eaux de l'étang qui baigne sa base, à l'heure où le soleil couchant l'illumine de ses reflets rougeâtres, apparaissait comme un géant, debout au milieu des ruines du château qu'il dominait, dessinant ses formes sévères et grandioses dans l'azur du ciel.

Ce château, comme celui de Lambertye dont il est voisin, eut beau coup à souffrir pendant la guerre des Anglais. On voit d'abord qu'en juillet 1214, lorsque mourut Aimeric de Montbrun, Jean-sans-Terre, roi d'Angleterre, le prit sous sa protection. Plus d'un siècle après les Anglais y tenaient encore garnison, puisqu'en 1353 Arnould d'Audrchen, lieutenant du roi entre Loire et Dordogne, les en chassa. Il avait tellement été endommagé pendant ces guerres que Pierre de Montbrun, élu évoque de Limoges en 1426 et mort en 1457, fut obligé de travailler à sa reconstruction.

Le nouveau château est aussi de forme rectangulaire, soutenu à ses angles de quatre puissantes tours rondes, de douze mètres de diamètre intérieur. Celle du SudOuest renferme le donjon carré du XIIe siècle et s'élève seulement à moitié de sa hauteur. La porte d'entrée qui regarde le Nord, pourvue d'une herse et d'un pont-levis, était encore défendue par une petite tour ronde. Cette dernière renfermait au rez-de-chaussée une salle pour le corps de garde, et au premier étage une chapelle ou oratoire particulier. Au midi et au couchant de la cour intérieure s'élevaient de vastes logements qui communiquaient avec ceux de différents étages des tours. Enfin, une galerie crénelée, au-dessus des machicoulis, entourait entièrement le château que protégeaient encore des fossés remplis d'eau.

En 1562, les protestants avaient au château de Montbrun une garnison de trente hommes; ils y périrent tous dans une attaque dirigée contre eux.

C'est par contrat du 7 décembre 1598 que François de Lambertie acheta Montbrun et tout ce qui en dépendait. Au mois de juin 1644, le roi de France érigea le comté de Lambertie en faveur de Gabriel, son fils ; il comprenait la terre et châtellenie de Lambertie, les terres de Miallet et de Pensol, et la baronnie de Montbrun.

A l'extinction de la branche aînée de la maison de Lambertye, la terre de Montbrun échut a Jeanne de Maumont, qui la porta en mariage à Jean de Campniac. La petite-fille de ces derniers, Marie de Campniac, devint, le 24 mars 1746, l'épouse d'Alexis de Conan, et leurs descendants la possédaient encore lorsque la Révolution les en dépouilla. Sur l'instigation des représentants du peuple Brival et Borie, en mission dans le département, le château fut saccagé et ses riches archives brûlées. La propriété fut divisée et vendue nationalement ; les ruines du château furent acquises par M. Laumonerie. Les propriétaires actuels MM. de Labonne, ont relevé récemment ce vaste château, tel que le montre la gravure faite d'après une photographie.