Le château de Saint-Martin-Lars, l'un des plus importants de l'arrondissement du Civray (Vienne), est situé près du bourg, sur les bords du Clain. Il a été reconstruit vers 1770 par Emmanuel-François, marquis de Lamberlye, a la place d'un château du XVe siècle dont on a conservé seulement quatre tours rondes formant les angles d'un carré régulier, qui composait l'ancien château et son enceinte fortifiée entourée de fossés (p. 157). La façade principale, simple et correcte, est surmontée d'une élégante balustrade en pierre, coupée au milieu par un fronton demi-sphérique On y voit sculpté un bel écusson aux armes de Lamberlie, sur un écartelé de France, de Lorraine, de Savoie et de Salaces, en souvenir des alliances princières de la famille. Le blason surmonté de la couronne de marquis est entouré d'armes et d'attributs de chasse. On y distingue les étendards des compagnies do gens d'armes de la garde du roi, dont le marquis de Lambertie et son fils étaient capitaines-lieutenants. Devant le château se trouve une vaste avant-cour bordée de bâtiments d'exploitation et fermée par une belle grille à pilastres. L'ensemble présente un grand air seigneurial.

La châtellenie s'étendait sur les paroisses de Saint-Marlin-Lars et d'Usson et comprenait une vingtaine de fiefs avec des droits féodaux considérables On y avait réuni la seigneurie de Corigné qui avait le titre de baronnie au XVIIIe siècle.

Saint-Martin-Lars appartenait, au XVIe siècle, à Hugues Boniface, écuyer, époux de Marguerite de Fédeau, qui lit aveu de son fief au château de Civray en 1395. Son fils, Guillaume Boniface, écuyer, fit hommage le 4 janvier 1408. (Ces Boniface avaient pour blason un lion.) On trouve en 1429 Ithier de Moussy, écuyer, seigneur de Saint-Martin-Lars, à cause de sa femme, Huguette de Fédeau, qui épousa ensuite Guillaume Tison, écuver. Pierre de Salignac, écuyer, seigneur de Saint-Martin-Lars, est connu par plusieurs actes de 1460, 1476, 1482, 1496. C'est lui, sans doute, qui fit construire le château du XVe siècle, dont les tours ont été conservées autour du château moderne. Espérance de Ravenel, dame de Saint-Martin-Lars, veuve de Pierre de Salignac, fit aveu au roi, à cause du château de Civray, le 28 janvier 1498. Charlotte de Salignac, leur fille, mariée à Jean de La Tousche, écuyer, seigneur de Marigny, puis à Jeannon de Maillé, écuyer, seigneur de la Guéritaude, eut du premier lit une fille unique, Marguerite de la Tousche, dame de Saint-Martin-Lars, qui épousa Regnault de Moussy, chevalier, seigneur de Puybouillard, vice-amiral de Guyenne. Leur fils aîné, René de Moussy, chevalier, seigneur de Puybouillard et de Saint-Marlin-Lars, fit aveu de ce dernier fief au château de Civray le 18 janvier 1544. Pantaléon de Moussy, chevalier, seigneur de Saint-Marlin-Lars, petit-fils de René, n'eut qu'une fille, Barbe de Moussy, dame de Saint-Martin-Lars, mariée à François Vigier, chevalier, seigneur de la Guéronnière. Leur fille, Barbe Vigier de Moussy, dame de Saint-Martin-Lars, épousa, en 1653, Pierre du Breuil-Hélion, chevalier, seigneur de Lavau, dont la petite-fille, MarieAngélique du Breuil-Hélion, épousa, en 1718, Cosme, comte de Lamberlie. Mais la transmission héréditaire de Saint-Martin-Lars se trouva interrompue par la vente de ce fief, saisi par divers créanciers en 1654. Il fut acquis par Claude Pellot, maître des requêtes, qui le vendit, en 1674, à Marie-Françoise de Meschinet, épouse de Charles du Raynier, marquis des Déffans. Leur fille, Marie du Raynier, dame de Saint-Marlin-Lars, épouse de Jean de Lambertie, marquis du Bouchet, lui porta ce fief, dont il fit hommage au château de Civray, le 12 juin 1677. Marie du Raynier épousa en secondes noces Jean de Vivonne, chevalier, seigneur de Moye ; mais SaintMartin-Lars resta aux Lamberlie issus de son premier mariage. Emmanuel-François, marquis de Lambertie, fils du comte Cosme de Lambertie et de Mlle du Breuil-Hélion, seule représentante de la famille des anciens seigneurs de Saint-Martin-Lars, se trouva remis en possession de l'héritage de ses ancêtres maternels. Ayant reconstruit le château en 1770, il le céda à son fils en 1784, mais la Révolution en spolia la famille.